Les JoliCodeurs à Paris Web 2019

Les JoliCodeurs à Paris Web 2019

Les 10, 11, et 12 octobre derniers nous étions à la 14ème édition de Paris Web, et pour la 12ème fois pour le plus ancien des aficionados de Paris Web chez les JoliCodeurs.

Nous y avons croisé beaucoup de têtes connues, mais il en manquait quelques unes (coucou les copains, vous nous manquez). Certains sont passés à autre chose, ont d’autres priorités, ne s’y retrouvent plus forcément. C’est super, le Web est un monde en mouvement, où les choses et les gens évoluent. Cependant les sessions étaient presque toutes pleines, le public se renouvelle, c’est bon signe pour l’avenir de Paris Web !

14 ans c’est assez peu sur l’échelle d’Internet mais pas anodin dans celle, plus courte, du Web. En 14 ans d’observation et d’utilisation intensive, nous avons eu le temps de voir des modes apparaître et d’autres disparaître. Certaines resteront gentiment aux cimetières des horreurs alors que d’autres, malheureusement, restent et prennent de plus en plus de place.

Les usage[r]s changent, les techniques aussi.

Des problématiques restent et sont toujours d’actualité : accessibilité et qualité. S’ajoute cette année une nouvelle dimension « Ouvrez grand le Web ».

Le Web n’est plus le « cool kid », nous sommes passés d’un bac à sable formidable où nous pouvions jouer entre passionnés, à une industrie monumentale où les intérêts sont assez loin de nos idéaux de « pionniers ». Des armées de non passionnés ont envahi la profession et au delà des technos (« c’est que de la plomberie tout ça… » dixit Chris Heilmann), c’est vraiment les usages qui font sens, que ce soit pour diffuser des données au Ministère de la transition écologique et solidaire ou des livres Web ouverts), fournir du contenu en POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere), sous notre contrôle et accessibles à tous.

Nous voyons que toutes les problématiques d’accessibilité et de partage des savoirs existent depuis des milliers d’années sur d’autres support, comme la cartographie (magnifique conférence également). Sur le Web, nous en sommes encore à lutter afin que nos données ne deviennent pas la propriété de quelques acteurs. Nous avons le devoir de veiller à éviter cela au maximum, nous devons être les garants des idéaux des pionniers de notre technologie.

Le Web n’a que quelques dizaines d’années et ce serait sympa si nous pouvions ne pas le tuer trop rapidement.

Pour que le web reste l’idéal tel qu’il a été imaginé à ses débuts par un certain T.B.L, il nous paraît nécessaire de rappeler certaines bases probablement oubliées de beaucoup (nous y compris). Dans un document sur le site du W3C, Tim Berners Lee expliquait en 1998 que si une chose pouvait être réalisée avec le moins de ressources possible, alors c’était de cette façon là qu’elle devait être réalisée. Cet axiome prend un écho particulier à une époque où l’on retrouve sur le web avec des applications JavaScript de plusieurs dizaines de mégaoctets, ne serait-il pas temps d’appliquer à nouveau ces principes fondamentaux ?

Rassurons-nous, les hommes et les femmes qui font le Web, au sens premier du terme, sont toujours pleins de ressources pour continuer à l’améliorer. Parmi ces ressources, il en est une, imaginée et conçue par Éric Gateau et Élie Sloïm il y a maintenant 18 ans, le modèle VPTCS pour :

  • Visibilité
  • Perception
  • Technique
  • Contenus
  • Services

L’idée derrière ce modèle, qui par définition n’est pas un reflet exact de la réalité mais une représentation schématique, est de faire comprendre à l’ensemble de la chaîne des métiers du Web les rôles essentiels de chacun. Et plus encore, il est important de comprendre que ce découpage par spécialité (rédaction, design, développement, etc), n’est pas du tout le même que le découpage perçu par un utilisateur.

Cependant, si chaque intervenant dans la conception d’une application Web au sens large (du design au service rendu à l’utilisateur) communique avec le même vocabulaire, se comprend, est conscient des enjeux qui le précèdent et qui le suivent, le projet gagnera en qualité globale.

Paris Web et l’accessibilité

Cette année, l’accessibilité était une fois de plus au cœur de l’édition.

Non seulement dans le choix des conférences mais également dans le processus de retransmission de celles-ci : Conférences anglaises traduites en français, LSF (Langue des Signes Française), Vélotypie, etc.

À notre connaissance, c’est le seul évènement en France proposant l’ensemble de ces services !

Concernant maintenant les conférences ayant pour thématique l’accessibilité. Elles sont, cette année, traitées de manière assez différente.

En 2019, l’accessibilité et ses principes de base comme le fameux attribut alt sont généralement compris par l’ensemble des acteurs du web. Néanmoins la façon de partager ces principes aux clients ou aux équipes de développement reste encore délicate :

Établir un audit sous forme d’une grille avec une multitude de points à traiter est devenu quelque chose de pénible à la fois pour les clients mais aussi pour les auditeurs qui se retrouvent à remplir des centaines de cellules de tableau sans réel intérêt. C’est ce que Julie Moynat a souhaité nous faire comprendre dans sa conférence « Réinventons les audits d’accessibilité web ».

Les principes sont simples, il est nécessaire d’accompagner le client au cas par cas en fonction du besoin. Plusieurs solutions sont mises en avant comme l’audit par composant qui se veut pratique et didactique ou l’audit flash qui est destiné à des équipes ayant moins de budget mais tout aussi efficace pour lister rapidement les éléments bloquants.

L’accompagnement du client est également un point mis en avant dans la conférence d’Olivier Keul et Arnaud Delafosse « Y’a pas que le ALT dans la vie – Déployer l’accessibilité Web à grande échelle ».

En réalité le but premier d’une équipe est non pas de rédiger un audit d’accessibilité difficilement applicable mais c’est avant tout de transmettre les bonnes valeurs d’accessibilité aux clients (dans une démarche bienveillante) afin que les équipes en interne puissent à leur tour transmettre ces valeurs.

Paris Web porte des valeurs

Dans le choix des conférences, Paris Web porte incontestablement des valeurs de partage, d’éthique, d’écologie. La conférence de Geoffrey Dorne sur le Design dans un monde qui s’effondre était réellement inspirante et totalement à contre-pied des discours habituels. Geoffrey nous fait nous poser les bonnes questions sur notre rapport au numérique (« Comment faire du Design dans un monde qui s’effondre ? », « Comment passer du design techno-centré au design low-tech ? ») et nous invite à repenser notre rapport au monde (« Comment œuvrer pour gagner moins… et être plus résilient ? »).

Dans le même esprit, Paris Web a également fait le choix de donner du temps à l’association WebAssoc afin de promouvoir son action auprès des auditeurs de Paris Web. Espérons que cela permettra à cette association de trouver de nouveaux bénévoles prêts à s’engager pour aider d’autres associations.

En route pour les ateliers

Comme chaque année, nous participons aux ateliers qui font partie intégrante de l’événement et mérite toute notre attention. Chez JoliCode, nous n’avons pas encore le don d’ubiquité et le choix est souvent difficile durant cette dernière journée.

Nous avons embarqué avec m4dz dans le monde merveilleux du WebAssembly. Nous avons appris plein de choses super chouettes et avons même compilé notre premier module WebAssembly en Rust. Ces 2 technos nous titillent depuis plusieurs semaines et c’était vraiment agréable d’être guidé pendant 3 heures dans ce nouveau monde. Nos copains de redirection.io expérimentent ces technos depuis peu, notamment pour la réécriture en Rust de la librairie de traitement des règles de redirection, ils en sont ravis.

Atelier WebAssembly Rust avec Mathias Dugué

Un JoliCodeur, François, a également animé un atelier sur la ligne de commande qui sortait un peu de la thématique générale sur le web. L’objectif de cet atelier était de présenter des outils, de chouettes configurations, des raccourcis clavier afin de permettre à des personnes avec un niveau intermédiaire d’améliorer leur productivité avec le terminal. Vous pouvez retrouver ses slides.

Lors de ces ateliers, d’autres thématiques étaient également abordées comme WebPack, l’intégration continue ou le SVG par le code.

Conclusion d’une année pas comme les autres

Cet article n’est qu’un aperçu de la « substantifique moelle » de Paris Web. Bien sûr que les locaux d’IBM nous ont manqué mais la qualité des conférences et ateliers, la bonne humeur des bénévoles et des auditeurs nous ont conforté dans notre choix de participer à cette belle conférence. Nous revenons avec plein d’idées et d’outils à expérimenter. Vivement l’année prochaine ! Merci et bravo à tous les bénévoles.

blog comments powered by Disqus