Sud Web 2016 Bordeaux : un excellent millésime

Sud Web est définitivement une conférence particulière. Ne cherchez pas à la saisir, elle viendra tout simplement à vous, honnête et bienveillante. Sa bonhomie ne cessera de vous étonner. Après cinq ans d’existence, elle reste surprenante, mouvante, en témoigne le thème de cette édition 2016 : Partageons nos super-pouvoirs.

Un thème qui a su apporter son lot de surprises au travers de superbes conférences. Le Web n’est plus l’épicentre des discussions, l’humain y tient désormais une place importante.

Les conférences

Sud Web a commencé sur une note de musique : celle de Chris Lowis et son histoire contant la genèse de la musique, débouchant subtilement sur les API audio de nos navigateurs.

Il s’agissait aussi de crayons et de feutres : le projet Dear Data présenté par Stefanie Posavec tend à re-matérialiser des concepts issus du Web comme la visualisation de données. Celle-ci se dessine désormais au feutre, et l’email se voit remplacer par de désuètes et nostalgiques cartes postales. Pendant 52 semaines, Stefanie et son amie se sont envoyé des cartes postales représentant leurs semaines selon un thème. Ici l’expression d’une semaine de jurons :

Dear data

Au dos de chaque lettre, se trouvent les instructions pour mieux appréhender la visualisation de données :

Dear data

Sud Web se rythme au gré des présentations, variant avec brio entre présentations longues et lightning talks.

On y parle dans ces derniers de LEGO et de l’état d’esprit de notre enfance. Si une idée doit émerger de ces discussions, c’est bien celle d’une volonté de renouer avec une simplicité. Certes, les briques applicatives ont remplacé celles en LEGO, mais il est important de garder la créativité et l’engouement de notre enfance. Bastien Guerry nous l’a rappelé au travers d’une brillante lettre contée au public de Sud Web.

Sud Web et les LEGO

Photo SudWeb 2016 © Studio-Aurensan

Malgré ça, le monde du travail reste difficile à appréhender : sa structure est dense. Rachel Saada nous a apporté sa vision du travail au travers de son expertise d’avocate et spécialiste du droit du travail. S’il y a une chose à retenir, c’est bien le concept de pyschodynamique du travail. Sous ce terme savant, se cache l’étude des relations entre plaisir et souffrance au travail et dans la vie privée. La porosité entre vie personnelle et professionnelle est élevée et doit être acceptée en tant que telle. Plusieurs autres conférenciers rejoignent cette idée : un projet personnel influence votre vie professionnelle (comme c’est le cas pour Basile Simon et son projet Airwars), même si ces projets n’ont pas de rémunérations directes, ils vous enrichissent indirectement.

Autres clés du plaisir au travail : les relations avec ses pairs. Il faut voir non pas son collègue comme un client ou un concurrent mais bien comme son coéquipier. La hiérarchisation structurelle historique de nos entreprises facilite cette dualité client / concurrent. Une réponse peut se dessiner par des structures plus horizontales que verticales.

Rachel Saada sur scène

Photo SudWeb 2016 © Studio-Aurensan

Sud Web c’est aussi voir le Web par le prisme de secteurs peu connus. Ainsi, Marion Lambert a démonté les idées reçues sur le monde agricole et fait un état des lieux du Web dans ce domaine. Il reste encore beaucoup de besoins à couvrir, à bon entendeur :)

Matthew Caruana Galizia nous a quant à lui, montré les outils modernes et le travail derrière le métier d’investigation journalistique. Sa présentation a révélé le travail des journalistes menant à la publication des Panama Papers. Celle-ci résulte d’un effort considérable mené par des centaines de journalistes avec le support d’outils Web pour centraliser et distribuer le travail de chacun.

Enfin, la journée s’est conclue avec du tissu et des patrons. Mylène L’Orguilloux nous a montré comment il est possible de produire des vêtements sans gâcher les matières premières. En effet, l’industrie textile jette environ 15% des matières en sortie d’usine. L’approche alternative “zero waste” prend en compte en amont la forme des pièces (des rectangles) et permet d’utiliser la totalité de la surface. L’optimisation ne réside pas que dans le code :)

Mylène

Photo SudWeb 2016 © Studio-Aurensan

On notera également une gestion remarquable des inters-conférences ponctués d’humour par la comédienne Pauline Calmé.

Autour des conférences

En plus de conférences de qualité, Sud Web c’est aussi du soleil et une organisation parfaite. Les déjeuners servis y sont très bons ; une farandole d’entre-mets, petits plats et mignardises viennent combler l’appétit de chaque visiteur. Nous avons eu le droit à de savoureuses huîtres aquitaines. Grand seigneur :)

L’apéritif communautaire se déroulait au sein d’un jardin intérieur verdoyant où chacun a pu déguster de bons vins et petits plats. Un grand merci à toute l’équipe de Sud Web qui a organisé avec brio cet événement.

La journée du samedi fut l’occasion pour tous les participants de proposer des ateliers. Estampés “élaboratoires”, ces ateliers se créent d’une manière spontanée et anarchique : ici pas de consignes, le hors sujet n’existe plus. La loi des deux pieds régnant, nous avons appris – entre autre – le théâtre d’improvisation, la calligraphie et la création de visualisations de données. D’autre part, nous avons essayé de transmettre notre expérience en matière de télétravail et de gestion de “side projects”.

Le mot de la fin

À Sud Web, exit la technique, on y parle humain. C’est ce qui fait sa marque de fabrique. C’est une introspection sur son métier, on se pose les bonnes questions et on tente d’y répondre. On peut dire que Sud Web a le monopole du cœur, en tout cas celui des jolicodeurs ❤.

Ce fut un réel plaisir de participer et sponsoriser cette édition 2016. Un grand merci en attendant l’année prochaine !

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